vendredi 26 août 2011

David Tibet - In the heart of the wood and what I have seen (traduction)

Dans le coeur du bois, au creux de la forêt, Christ m'est apparu dans des formes changeantes et tournoyantes : une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, tel un swastika.

Sur la falaise de Moher je marche avec Marie.
Derrières les yeux de son innocence ou de sa ruse, l'homme vieux et jeune à la fois parle de cette falaise aux rochers fragiles et cassants qui prirent son fils.
Mutilé, mutilé, mutilé.
Marie marche sur la falaise, mais pas sur les eaux.

Alors Christ apparaît comme étant le vent.
Marie accourt depuis les hauts murs de pierre.
Christ apparaît comme étant comme les fleurs.
Sur un long chemin elle marche.
Christ apparaît comme étant abbatu, le corps tel une ruine délabrée qui supporte les pierres, qui supporte les chemins, qui supporte jusqu'au pied du squelette de la terre.

Si elle attends.
Oh si elle se réveille.
Christ se manifeste doucement comme la poussière sur ses yeux avant qu'elle ne tombe encore une fois, emportée dans les rêves.
(Je voudrais que cette colère s'efface).

Et j'attends pour une autre révolution ou une autre révélation. Mais cela n'importe pas trop si je vois du sang sur la plaie.
« Tout ira bien » dit-elle.
Mais pas pour moi.
Le squelette de l'univers.
Je ressens le blues telle une touche ascerbe, et les étoiles restent immobiles.

Quand le mère océan me couvre, je me rue vers elle pour me noyer dans ses vagues brisantes.

samedi 20 août 2011

David Tibet - Soft Black Stars.


Judas as black moth :

Instrumental.

Larkspur and Lazarus : 

Les rues désertes.
Les chants du crépuscule.
Les derniers nuages restants.
Les cloches d'une église carillonnent.
Un épouvantail frissonne.
Et quelques oiseaux tremblent.
Je te regardais et tu disais qu'il était temps.

Les fleurs fanées.
Les images de vies fanées, vieillies.
Ton corps attendant et inassouvi, sans aucun regret.
Ton coeur vide et ta tête entre tes mains.
Je les entends dire qu'il est temps aujourd'hui.

L'écrasant coucher de soleil, sur la mère montagne.
Le bétail mugissant, le bétail révant.
La pluie sans fin.
L'air tourmenté.
Ta perte de l'espoir.
Nous étions en train de faire notre scène.
Nous étions en train de jouer qu'il est seulement temps.

Le goût de la pluie.
Le crépuscule arrive.
Contre tes lèvres.
La roue à eaux tourne.
Les forêt s'assombrissant.
Tu prends ma main, et fais un signe comme quoi tu es triste.
Ce poisson est en train de mourir.
Tu vois le signe disant qu'il est temps.

J'ai attendu des années pour te retrouver.
Ou bien cela m'a semblé si long ainsi, et je trébuchait à travers ton monde.
Priant pour obtenir rien qu'un baiser.
Pour arrêter ma chute depuis la grâce, et me réfugier le visage entre tes paumes.
Tu m'as tout donné.
La serrure et la clef.
Les nuages oints voient seulement qu'il est temps.

Et si je n'avais qu'un souhait à formuler, comme dans les contes de fées.
Je voudrais défaire mon passé.
Et m'élever comme Lazarus, et rester dans la lumière du soleil.
Et bannir toutes ces choses sombres qui assombrissent mon visage.
Et te dire encore une fois qu'il était seulement temps.

Alors le saule ne pleure pas pour moi, et le chêne ne se courbe pas pour moi.
Bien que d'autres moururent pour nous et à notre place.
Bien qu'au plus profond de mon coeur il y a une douloureuse blessure, la cause violente de tout ce que j'ai entendu aujourd'hui chuchoté dans le noir.
Pour finir, nous savons qu'il est temps.
Je savais pour finir qu'il était seulement le temps.
Je reviendrai en gloire.

Fin de l'histoire.

A gothic love song :

Je fais claquer tes doigts pour un crépuscule gothique à venir mais qui n'existe pour l'instant que dans ton esprit.
Les ongles de tes doigts étaient peints en noir ou en rouge comme la couleur du sang, je ne m'en rappelle pas...
Et tes livres en faux cuir traitant de l'enfer ne manifestaient que la déchéance de ce que tu voulais exprimer...
D'ailleurs tes yeux essayaient difficilement de scintiller.
Une étoile noire éteinte...
Alors tu ouvris tes livres, et écartais tes jambes, et ainsi ouvrais ton coeur et laissais entrer en toi la méchanceté que tu revendiquais comme étant ta proche amie.
Avec des faux anges restant sur place, comme les mouches qui tournaient autours du verger, leur empire croissant.
Et ton pays que tu as quitté.

Les cloches de Sainte Marie appellent à nous souvenir, que dans la vie existe aussi la mort.
Et les gestes peuvent nous tuer.
Et qui plus est nous détruire.
Et il n'existe qu'un seul jugement.
Tes lettres arrivaient quotidiennement.
En français ou en allemand.
Mais elle ne me faisait rien ressentir.
Et je m'accrochaient à la longue corde, et gelais au feu de ton esprit.
Maintenant je vois tout clairement.
Notamment pourquoi tu peut paraître abandonnée.
Et je pensais pouvoir prier pour toi.
Je ne l'ai pas fais.
Ayant eus ma coupe pleine.
Avec tes mensonges.
Et tes artifices.
Tu n'étais rien, alors que tu pensais être quelquechose.

Et plus jamais je n'écrirai cette chanson d'amour gothique.
Et ne la signerai de mon nom.
Et la mémoire de mon passé.
J'écrirai encore cette chanson d'amour gothique.
Et la signerai de mon nom.
Et la mémoire de mon passé.
Et un moyen de t'interdire de montrer ton visage face à moi.

Mockingbird :

J'ai pu voir la face cachée des étoiles.
Alors qu'elles tombaient, toutes tremblantes.
Pendant que les cheveaux de mer jouaient sur le flanc de ton sein.
J'ai vu une centaine d'anges se précipiter vers le sol.
Ils te donnaient des guirlandes, et te donnaient des couronnes.
Les fleurs sont partout.
Le Christ glorieux s'entrelaçait.
A l'extrémité de la lune.
Et au soleil alors qu'il brillait.
Aux racines alors qu'elles creusaient (le sol).
Au tunnel à travers la terre.
Aux oiseaux alors qu'il s'élançaient en l'air grâce à leurs ailes.
Je les entendais chuchoter ton nom.
Et là je me souvins de toi.

Et la tortue du fonds de l'océan se cachant.
Alors que de tes yeux émanaient de la lumière tel un tonnerre.
Et je me souvins de ton sourire, si large et (tes lèvres) si rouge(s).
Bien que les flocons de neige recouvraient tes cheveux comme pour te poser un sceau sur ta tête.
Et je me souvins de notre béatitude, alors que nous nous contemplions l'un face à l'autre.
Et je me souvins de toi.
Avec ta coiffure dont on se moque, comme celle des oiseaux.

Quelques années avant.
Nous nous étions assis et avions pleuré, avec le bruit de la mer dans nos oreilles.
Et sept chats étaient posés sur nos genoux.
Bien que les livres étaient non lus et non vrais prenaient la poussière.
Tu récitais les lettres.
Celles que je n'avais pas le courage de lire.

Soft Black Stars :

Les petits enfants se blotissent calinement sous les douces étoiles noires.
Et si vous regardez dans leurs yeux (vous verrez) les douces étoiles noires.
Faites leur réciter le livre, et la lettre, et le mot et laissez les lire dans le silence alors qu'il baignent dans les douces étoiles noires.
Laissez les suivre du doigt les gouttes d'eau de la pluie sous les douces étoiles noires.
Laissez les suivre les chuchotements et être effrayés par la nuit.
Laissez les embrasser le souffle léger des douces étoiles noires.
Et laissez les monter leurs chevaux, carressés par la langue du vent et de la neige.
Et (ils marchent) sur la pointe des pieds, dans le crépuscule, là où nous irons tous un jour, carressés avec douceur et sans plus aucune peur.
Leurs visages étincellants comme une rivière d'or balayée par les douces étoiles noires.
Et les ailes des anges consoleront leurs peurs.
Et tous les oiseaux chanteront à l'aube.
Bénis avec joie.
Toi et moi aussi un jour nous nous rencontrerons sous un ciel nocturne, illuminé par les douces étoiles noires.

It's time, only time :

Lorsque tu me disais que tu entendais pleurer le vent, et alors que tu me disais que tu ressentais mourir la mer.
Et alors que tu me montrais le vol des mouettes.
Et chuchotais avec douceur : la partie est finie.
Alors.
Alors je savais que le temps était venu.

Tu avais l'air fatiguée.
Dépourvue de toute beauté.
Je savais cela depuis longtemps.
Ton coeur s'est arrêté.
Mais toutes ces merveilles.
Mais toutes ces ombres.
Comme si tu disais oui au fait que la vie est absurde.
Et alors.
Alors je savais que le temps était venu.

Dans un petit jardin.
Juste sous Soho.
Tu bougeais sauvagement.
Mais cela ne signifiait rien.
Et toutes les fontaines.
Hurlaient car abandonnées.
Et tous les arbres se courbaient.
A ma trahison.
Alors je savais que le temps était venu.

Aucun mot n'a de poids.
Aucun mot n'est meilleur.
Que lorsque je te tenais sous mon charme.
Une poupée de chiffon vaincue, pénétrée d'une lumière vive, si pleine de haine.
Avec son âme prête à s'effondrer.
Mis à part pour les fleurs.
J'aurais du.
J'aurais du te dire que le temps était venu.

Et alors nous regardions au dessus de nous.
Urbi et orbi.
Je voyais les étoiles fusionner, au dessus de Saint Patrick.
Tu disais que j'étais fini.
Je suis embrumé.
La tête comme dans le brouillard.
Et je me laisse glisser avec douceur.
Dans ta grâce.
Si seulement.
Si seulement il était simplement temps.

Et maintenant cela fait 8 ans depuis la dernière fois que je t'ai vu.
Et toutes les lumières des étoiles, ne me font plus rien.
Les lettres ont toutes étaient brûlées.
J'ai eus assez de baisers.
Et tous nos liens sont oubliés depuis longtemps.
Et pour moi tu es comme morte.
Damnée ou pardonnée.

Cela n'était pas un rêve.

Antichrist and barcodes :

L'antichrist et les codes barres (sont présents) dans l'air que nous respirons.
Avec une petite boîte noire que je cache dans le ciel.
Dand l'eau qui s'écoule dans nos bouches.

Dans les codes vivants qui vascillent :
Ouvert et fermé.
La nuit mise en boîte doit elle commencer à avaler, frissonner et geler?

Le poisson avale l'eau.
Le non-né est un servant.
Obéissant aux planètes.
Aucune chose sans sens n'est assez fort pour rendre cette vie épanouit.

Alpha et Omega.
Le grand et le petit.
Les papillons voltigent.
Les renards s'arrêtent de courir.

La lune.
Aussi aiguisée qu'une faucille.
Aussi scintillante qu'une tête d'épingle.
Respire aussi lentement qu'un souflle malade.
Comme lorsque nous dormons par instants, et révons lourdement.

Se réveiller.
Revenu à la fin.
Et attendre calmement.
Pour le train qui s'arrête en explosant.
Et les horloges implosent.

Son nom est sous notre peau.
Et ainsi présent dans les cheveux.
Dans mon menton.
Coûte que coûte.
Nos nez sont dans les nouvelles.

The signs in the stars :

J'ai recueilli quelques fleurs pour les coucher sur ton visage.
Pensant que tu n'étais pas partie du royaume des vivants.
Je voyais tous les nuages chargés de pluie.
Etant déplacés en avant.
Par des cheveaux numérotés.
Et sauvages, libres.
Et je voulais t'appeller femme.
Alors que je ne pouvait pas m'arréter de regarder les signes.
Et les quatre têtes de l'homme.
Et toutes sont chariées.
Et les quatre utérus de la mère.
Et tout ce qu'ils promettaient.
Et je voulais écrire pour toi.
Des chansons poétiques et bibliques.
Ton visage comme décoré de perles.
Et la main au poignet du Christ.
Mais je ne pouvais cesser de regarder les signes.

J'avais vu les nouvelles.
Que Trojan la bête.
Etant déjà là, mais pas encore.
Il sera là dans peu de temps.
Il n'a pas encore fermé sa main.
N'est pas encore proche de la porte.
Est finalement il est là.
Le grand et le petit.

Et je ne pouvais cesser de regarder les signes dans les étoiles.

Whilst the night rejoices profound and still :

Alors que nous survolions du regard, au loin depuis la fenêtre.
Au-dessus des jardins.
Qui jamais n'a pas pousséà cejour et ne poussera jamais.
Combien de temps.
Combien de temps.
La flamme brillante des étoiles.

Les nuages sont trop hauts.
Si hauts.
Se joignant à quelques étoiles en voie de mourir.
Le triste visage du ciel.
Et le son de l'appel d'une cloche du village non loin de nous.
Et tout cela.
Le soleil n'est pas assez pour nous.
Nous n'avons pas assez de temps.

Et son sourire.
Alors qu'elle porte son chapeau.
...
Ne couvrent pas la glorieuse lumière de ses yeux.
Le corps brulant.
Avec des auréoles distortionnées.
Je vois trop bien.
Juste au-dessus de la maison de mon voisin.
Cela ne s'efface pas (de ma mémoire).
Le dernier soupir de l'âme.
Bien que la nuit se réjouisse profondément et calmement.
Sur le bord de ta rue.
A la fois ombre et destructeur.
...
...

Moonlight or other dreams or other fields :

Emporté lorsque j'étais encore un enfant.
Par une terrible vision de mon Christ.
Et emporté dans la gorge par tes signes, par tes larmes et par tes adieux.

Je fuyais au loin.
Et marchant jusque loin.
Avec la pensée de ne pas revenir.
Et de ne plus voir ton visage, noyant mes espoirs.
Et ne plus vouloir cela (scutant le ciel) jusqu'aux étoiles.

Croyant.
Pas longtemps à la lumière de la lune.
Ou d'autres rêves, ou d'autres eldorado.
Au-dessus de ce à quoi nous jouons parfaitement.
Je vis la perte de tout.

Et alors je jète au loin.
Et parle de têtes de mort.
Et une petite entrevue est la floraison et la force du sang.
Et tout parle d'Apocalypse.

Apocraphon et Appolyon.
Abbadon.
Tous abandonnés.
Alors je vis en moi la balle d'un pistolet.
Et la gloire à venir.

Judas as black moth II :

Une voiture passe contenant un enfant qui fut assasiné.
Une voiture passe contenant une fille qui fut violée.
Une voiture passe avec son coffre dans lequel est la mort.

Cela m'est insupportable d'entendre la voix de tout cela.
Cela m'est insupportable de  voir le visage de tout cela.